Quitter un fichier Excel pour basculer vers MEG facturation pose une question mesurable : combien de données survivent à la migration, et combien doivent être ressaisies ? La réponse dépend du type d’information (plan comptable, contacts, articles, tarifs) et des formats d’import que MEG accepte à ce jour. Cet article compare ce qui passe et ce qui coince, puis détaille les étapes pour réduire les frictions.
Import Excel vers MEG facturation : ce qui passe et ce qui bloque
La promesse d’une migration fluide se heurte à une réalité technique. MEG ne traite pas tous les fichiers Excel de la même façon selon leur contenu.
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| Type de données | Import Excel dans MEG | Contrainte principale |
|---|---|---|
| Plan comptable | Oui, via fichier conforme | Le fichier doit respecter un format précis défini par le support RCA |
| Contacts clients/fournisseurs | Partiel | Structuration manuelle nécessaire avant import |
| Catalogue d’articles et tarifs | Non généralisé | Ressaisie manuelle souvent requise |
| Historique de factures | Non | Les anciennes factures restent dans Excel ou en PDF |
Le plan comptable est le cas le plus favorable. Le support RCA confirme qu’un import de plan comptable depuis un fichier Excel conforme est possible dans MEG, ce qui évite de tout recréer ligne par ligne.
En revanche, les retours terrain montrent que l’import de catalogues d’articles ou de listes de prix gérés sous Excel n’est pas disponible de manière généralisée. Un utilisateur rapporte sur un groupe Facebook qu’il gère ses listes de produits avec prix dans Excel et que, faute d’import dédié, il doit tout ressaisir manuellement dans MEG.
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Ce décalage entre les types de données a une conséquence directe : la durée de migration dépend surtout du volume d’articles à ressaisir. Une entreprise avec dix références bascule en une heure. Une autre avec plusieurs centaines de lignes tarifaires doit prévoir plusieurs jours de travail.
Structurer son fichier Excel avant la bascule vers MEG
La tentation est de vouloir migrer immédiatement. C’est la meilleure façon de perdre du temps. Le nettoyage du fichier Excel en amont conditionne la réussite de la transition.
- Vérifier que chaque colonne correspond à un champ MEG : raison sociale, adresse, numéro de TVA intracommunautaire, conditions de paiement. Les colonnes libres type « notes perso » ou « couleur préférée du client » n’ont pas d’équivalent dans MEG et doivent être traitées à part.
- Supprimer les doublons et les lignes obsolètes. Un fichier Excel utilisé pendant plusieurs années accumule des clients inactifs, des adresses périmées, des articles retirés du catalogue. Migrer ces données pollue la base MEG dès le départ.
- Uniformiser les formats : dates en JJ/MM/AAAA, montants sans symbole monétaire dans les cellules, TVA en pourcentage décimal. MEG attend des formats normalisés, pas les habitudes de mise en forme propres à chaque utilisateur Excel.
Ce travail préparatoire paraît fastidieux. Il réduit pourtant la ressaisie et limite les erreurs de correspondance entre les champs Excel et les champs MEG.
Adresse de facturation électronique dans MEG : un champ à configurer dès maintenant
La réforme de la facturation électronique impose aux entreprises de recevoir des factures électroniques à partir de septembre 2026, puis d’en émettre en 2027. MEG a anticipé ce calendrier.
Depuis janvier 2026, MEG intègre un champ d’adresse de facturation électronique conforme aux exigences de la réforme. Ce champ permet de préparer l’émission de factures au format structuré attendu par l’administration.
Pour une entreprise qui migre depuis Excel, c’est un point à configurer dès la création du compte MEG, pas après. Excel ne génère pas nativement de fichiers structurés compatibles avec la réforme. Passer à MEG règle le problème de conformité e-invoicing qu’Excel ne peut pas résoudre.

Configurer cette adresse prend quelques minutes. Ne pas le faire expose à un blocage au moment où l’obligation d’émission entrera en vigueur.
Période de double fonctionnement Excel et MEG : durée et risques
Couper Excel du jour au lendemain n’a pas de sens. La majorité des migrations passent par une phase où les deux outils coexistent. La question est de savoir combien de temps cette phase doit durer.
Trop courte (moins d’une semaine), elle ne laisse pas le temps de vérifier que toutes les données ont été correctement transférées. Trop longue (plus de deux mois), elle crée un risque de désynchronisation : certaines factures sont émises sur MEG, d’autres sur Excel, et personne ne sait plus quelle version fait foi.
Un repère pragmatique : maintenir le double fonctionnement le temps d’un cycle complet de facturation. Si l’entreprise facture mensuellement, un mois suffit. Si elle facture à la livraison de chaque commande, deux à trois semaines permettent de couvrir assez de cas réels.
Pendant cette période, trois vérifications comptent :
- Comparer les totaux HT et TTC entre une facture générée sur Excel et la même recréée sur MEG, pour détecter les écarts de calcul liés aux arrondis ou aux taux de TVA.
- Vérifier que la numérotation des factures sur MEG reprend bien la séquence existante, sans rupture ni doublon. Une rupture de numérotation pose un problème en cas de contrôle fiscal.
- S’assurer que les coordonnées bancaires, les mentions légales et les conditions générales de vente apparaissent correctement sur les factures MEG, en comparant avec le modèle Excel habituel.
Rôle de l’expert-comptable dans la migration vers MEG facturation
MEG est un portail collaboratif conçu pour fonctionner en lien avec un cabinet comptable. L’expert-comptable n’intervient pas uniquement après la migration : il peut paramétrer le plan comptable, valider la correspondance des comptes et vérifier que le flux de données entre MEG et le logiciel comptable du cabinet est opérationnel.
Impliquer le cabinet dès le nettoyage du fichier Excel permet d’éviter un problème fréquent : des comptes clients créés dans MEG qui ne correspondent pas au plan du cabinet. Corriger ce type d’écart après coup, une fois des dizaines de factures émises, prend bien plus de temps que de l’anticiper.
Le passage d’Excel à MEG facturation se joue moins sur l’outil lui-même que sur la préparation des données en amont. Un fichier Excel propre, un format d’import respecté, une adresse de facturation électronique configurée dès le départ et un cycle de double fonctionnement maîtrisé couvrent l’essentiel des risques. Le dernier point à retenir : les articles et tarifs nécessitent encore une ressaisie manuelle dans la plupart des cas, ce qui reste le poste le plus chronophage de la migration.

